Pourquoi le Haut Alentejo ?

Et je laisse mon amie Mélanie Wolfram vous dire pourquoi!

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Paysage vers le Crato

 Paysage

Le Haut Alentejo se situe à un peu plus d’une heure de Lisbonne, la capitale du Portugal, en direction de l’Espagne. Il s’agit d’une région particulièrement belle car elle se trouve à la frontière de deux paysages très distincts : les plaines infinies du Bas-Alentejo – kilomètres de champs de blé, d’oliviers et de chênes-liège – et le relief vallonné en granit de la Beira Baixa, au Nord du Tage. On se situe ici sur un territoire de transition, entre le sud aux plaines sèches et le nord aux reliefs verts et humides. À l’est, le Haut Alentejo est limité par la Serra de São Mamede, chaîne de montagnes granitiques dont certaines crêtes culminent à 1000m, représentant le relief le plus élevé au sud du Tage. Au sud du Haut Alentejo, nous avons l’anticlinal d’Estremoz, zone qui donne le plus beau marbre blanc du pays, offrant un sol parfait pour les vignes. Et au Nord, le majestueux Tage. La variété de paysages est donc merveilleuse et surprenante : champs de chêne-liège à perte du vue liés à un relief plus ondulé, parfois accidenté, avec des affleurements de granit, dont le profil rond et la couleur grise font penser aux dos d’animaux endormis. Il s’agit d’un territoire préservant une faune (petit et grand gibier, oiseaux, rapaces, etc.) et une flore abondante et variée, étant ainsi une excellente zone de chasse. (note : gibier, provient de gibiez, *gabaiti = chasse au faucon)
L’ample variété des sols (argileux, granitiques, schisteux) offre des terroirs viticoles hors norme, transformant le Haut Alentejo en une grande concentration de petites productions viticoles de haute qualité. Une certaine zone, celle de Portalegre, est même considérée comme étant un microclimat offrant des vins de qualité supérieure.

Temps

Ici, le temps coule plus doucement. Comme l’eau d’une rivière en été. Sans être pressée. Les regards se prolongent, les gestes sont lents, les conversations durent. On se repose à l’ombre des chênes-lièges, car il fait très chaud en été. On est un peu oublié dans cette région où on ne vit pas avec l’empressement connu du XXIe siècle.

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Directement du potager!

Pour manger un coing ou un kaki, il faut attendre qu’il soit mûr et on l’achètera au marché ou on le cueillera sur un terrain abandonné. On vendra sa petite production le samedi matin. Ici, il n’y a pas de grosse industrie. Mis à part les carrières de marbre – nombreuses et dont le procès est mécanique – et une grande industrie de torréfaction de café, les industries sont de petite taille. Ceci est un inconvénient pour ce qui concerne le monde du travail, mais c’est un avantage pour ce qui est de la pureté de l’air, la netteté du ciel la nuit. Ici, on voit chaque petite étoile comme il est rare maintenant en Europe. Notre ciel étoilé est d’ailleurs Patrimoine de l’Humanité.
Artisanat et gastronomie

L’artisanat est en revanche encore très présent : poteries ancestrales (objets usuels, décoratifs, santons, etc.), tapis tissés ici depuis le XVe siècle, azulejos peints à la main, carrelages séchés à l’air, huile d’olive pressée mécaniquement, savons artisanaux, couteaux et cloches forgés manuellement, objets fabriqués en bois d’olivier, Gin fait maison…

Et nous arrivons à la gastronomie, basée sur les herbes aromatiques, l’ail et le pain. Des saveurs fortes et simples, une charcuterie fumée à la mode ancienne, fromages de brebis et de chèvre caillés au chardon, viande de porc noir uniquement alimenté de glands, viande de bœuf qui connaît le bonheur des champs. Le plus grand raffinement se trouve peut-être dans les desserts, aux recettes secrètes, faits depuis des siècles à l’ombre des couvents, à base de jaune d’œufs, de sucre, de cannelle et autres épices. Les nombreux couvents et monastères nous mènent ainsi au dernier aspect important de cette région. Son histoire.
Histoire


Si cette région ne vit pas au rythme effréné du XXIe siècle, elle n’a pas pour autant toujours été oubliée, au contraire : entre le XIIe et le XVIIe siècle, il s’agit du principal terrain d’action pour la défense de l’indépendance portugaise, territoire où de nombreux rois résidèrent. Jusqu’au XIIe siècle, nous sommes ici sur le territoire frontière entre le sud musulman et le nord catholique, puis au cours des XIIIe et XIVe, c’est la lutte avec Castille pour définir la frontière orientale. Quatre ordres religieux s’installeront sur tout le territoire portugais, notre région étant majoritairement réservée à l’Ordre des Templiers (puis du Christ), d’Avis et surtout les Hospitaliers (aujourd’hui Ordre de Malte). Le Prieur des Hospitaliers Alvaro Gonçalves Pereira et son fils, le Premier Connétable du royaume, Nuno Alvares Pereira – commanditaire du monastère de Batalha -, eurent un grand rôle dans cette région. Si entre le XVe et la fin du XVIe tout semblait plus ou moins établi, le Portugal perdra son indépendance vis-à-vis de l’Espagne pendant 60 ans, suite à quoi de nouvelles guerres reprennent sur ce territoire (Guerra da Restauração). Ces étapes sont aujourd’hui perceptibles grâce aux vestiges de murailles et de châteaux médiévaux dans presque chaque ville, chaque village (Évora, Évoramonte, Arraiolos, Avis, Alter do Chão, Crato, Amieira do Tejo, Belver, Nisa, Castelo de Vide, Crato, Marvão, Portalegre, Arronches, Vila Viçosa, Borba, Estremoz, Elvas, etc.) ou de systèmes défensifs complexes du XVIIe siècle, notamment à Marvão, Estremoz et Elvas. Ces structures fortifiées sont aujourd’hui un élément architectural qui marquent fortement le paysage. Sans parler des dizaines d’églises, certaines médiévales, mais essentiellement modernes, ces dernières construites sans relâche au cours de la Contre-Réforme, un grand nombre restaurées après les tremblement de terre de 1531 et 1755.
C’est ainsi une région absolument riche en Nature, en Gastronomie, en Histoire et où le temps coule différemment.

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